Tito:Cinq dates dans la vie de Vilanova
Catalan dans l’âme et dans le sang, Tito Vilanova a longtemps travaillé dans l’ombre de Pep Guardiola avant de mener à son tour le FC Barcelone au sommet. Itinéraire blaugrana d’un stratège parti trop vite…
Le 10 juin 2007, jour de retrouvailles
Passé aux commandes des cadets du Barça lors de la saison 2002-2003, avec sous ses ordres des prodiges de La Masia tels que Lionel Messi et Cesc Fabregas, Tito Vilanova renoue avec son club de cœur en juin 2007, lorsque Pep Guardiola, son compagnon de formation 20 ans plus tôt, prend en main le FC Barcelone B. Le tandem trouve rapidement ses marques et parvient à hisser la réserve en Segunda Division B, si bien que les dirigeants blaugranas confient aux deux hommes l’équipe première, en mai 2008, pour suppléer le duo néerlandais Frank Rijkaard-Johan Neeskens. Une collaboration fructueuse puisque les deux techniciens glaneront pas moins de 14 trophées ensemble sur le banc, remportant notamment deux fois la Ligue des champions.
Le 17 août 2011, jour de pugilat
Ce jour de match retour de Supercoupe d’Espagne, les sempiternels débats entre le Real Madrid et le FC Barcelone tournent au pugilat. Après un match nul à l’aller à Santiago-Bernabeu (2-2), le Barça s’impose 3-2 au Camp Nou, à l’arraché et dans la confusion la plus totale. José Mourinho, alors entraîneur des Merengues, sombre dans la provocation en fin de rencontre, s’en prenant physiquement à l’adjoint de Pep Guardiola en lui mettant un doigt dans l’œil. Tito Vilanova ne se fait pas prier pour répliquer, assénant une gifle au coach portugais dans une foire d’empoigne qui reste aujourd’hui encore dans toutes les mémoires. Une bonne partie du grand public découvre ce jour-là le bras droit de Guardiola…
Le 27 avril 2012, jour de promotion
Considéré par nombre d’observateurs comme le véritable maître tacticien du Barça lors des années Guardiola, sur les terrains d’entraînement comme dans les vestiaires avant les matches, Tito Vilanova reprend naturellement et logiquement les rênes catalanes, au printemps 2012, tandis que son compagnon de route décide de prendre du recul. L’intéressé signe alors un contrat de deux ans, assisté de Jordi Roura. Et s’il perd la Supercoupe d’Espagne au profit du Real Madrid, il ne manque pas ses débuts d’entraîneur en chef, que ce soit en championnat où il enchaine d’entrée six victoires, ou en Ligue des champions où il réalise un parcours sans faute lors de la phase de poules aller.
Le 11 mai 2013, jour de sacre
Dominateur du début à la fin du championnat, le Barça écrase la Liga et triomphe avec 100 points au compteur – record national égalé – et une avance historique de 15 longueurs sur son premier dauphin, le Real Madrid. Crédité de 18 victoires après seulement 19 journées, le FC Barcelone réalise du reste cette année-là la meilleure première partie de saison jamais observée en Espagne, avec un total de 55 points engrangés sur 57 possibles. Seule ombre au tableau sportif, l’élimination des Blaugranas en demi-finale de la C1, devant un impitoyable Bayern Munich vainqueur 7-0 sur l’ensemble des deux confrontations.
Le 25 avril 2014, triste jour
Dès 2011, Tito Vilanova apprend qu’il est atteint d’un cancer de la glande parotide, l’une des principales glandes salivaires. Opéré avec succès au mois de novembre, le technicien catalan demeure en rémission près de deux ans, avant une rechute diagnostiquée en décembre 2013. Contraint de suivre alors un lourd protocole de soins, il confie les commandes de l’équipe à son adjoint Jordi Roura mais affirme en mai 2013 sa volonté de rester sur le banc blaugrana. Le 19 juillet 2013 cependant, quelques jours seulement après la reprise de l’entraînement, Tito Vilanova se résigne à quitter ses fonctions, remplacé par l’Argentin Gerardo Martino. Il s’est éteint ce 25 avril 2014 à Barcelone, à l’âge de 45 ans.
