Métier de Traducteur, Interprète de conférence : La tarification, la formation et la professionnalisation préoccupent les acteurs
De nouvelles tarifications seront appliquées dans les prestations des traducteurs, interprètes de conférence.
C’est l’une des décisions de la rencontre organisée le samedi 13 janvier 2018 à Cotonou sous la coordination de Bill Adébayor Biokou, qui a réuni les acteurs de la profession et les anciens directeurs de la traduction dont Abdou Raoufou Radji, Zoumènou serge Alexandre, Mathieu Dessouassi, interprète traducteur, directeur de Casis.
La tarification, la formation et la professionnalisation sont les points abordés lors de la rencontre qui a redéfinie les nouveaux prix applicables à la traduction et l’interprète de conférence. A l’unanimité, les acteurs ont décidé d’harmoniser les prix pour être en phase avec la tarification appliquée dans la sous région. Cette tarification tient compte des textes et règles qui régissent la profession.
Les acteurs se sont également penchés sur la formation et la professionnalisation du métier. L’association des traducteurs et interprètes de conférence, qui est en gestation fera tout pour réaliser cette volonté de ses membres.
Rodrigue AMEGA traducteur interprète Français Anglais Portugais souhaite que l’association prenne corps et que les différents problèmes liés à la profession soient traités et qu’il y ait des personnes ressources à sa tête pour se battre et apporter des solutions au corps des traducteurs et interprètes du Bénin.
Zoumènou Serge Alexandre. Interprète de conférence, traducteur agréé auprès des tribunaux du Bénin, ancien directeur national de la traduction et de l’interprétation au ministère des affaires étrangères. « De mémoire de traducteur, interprète, c’est la toute première fois qu’on peut voir un grand nombre de traducteurs interprètes présents à un forum. Nous souffrons de notre manque d’organisation de cette profession qui est une grande profession. Le métier de traducteur interprète, n’est pas une profession, de n’importe quoi. C’est un travail linguistique de qualité. Nous nous retrouvons aujourd’hui pour définir les bases de tarification de la professionnalisation et de formation parce que nous sommes les seuls dans la sous région à ne pas avoir une association digne du nom. Cette rencontre est le début de quelque chose de grand qui déterminera les actions futures.
L’activité de traducteur interprète est tournée vers l’extérieure. C’est souvent des organisations internationales des privées, qui ont besoin de nos services. Ce qui fait que nous ne sommes pas tellement présents sur le territoire. Dans les autres pays, toutes les organisations on leur association, et c’est parce que les ainés ont su mettre en place cette association pour que ça marche. Donc, le Bénin est un pays particulier où chacun tire le drap de son côté et veut faire pour lui seul. Finalement, on ne fait rien. Pendant longtemps, nous sommes très utiles au ministère des affaires étrangères, à la présidence. Le président ne peut rien faire sans les interprètes traducteurs. Malheureusement, sa politique étrangère, ne met pas l’accent sur les langues étrangères. Selon eux, c’est la technique, c’est la science, alors que les livres de sciences et les grands documents sont rédigés dans les langues étrangères en espagnoles et en anglais et ils ont besoins de nous interprètes traducteurs. »
Cette volonté affichée des traducteurs interprète présage de la réorganisation de ce secteur très utile mais qui est resté inorganisé pendant longtemps. C’est d’ailleurs le souhait de Bill Adébayor Biokou qui œuvre avec ses collègues pour la réorganisation du secteur.
IRENEE AMONDO